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Le "Paris-Dakar" Maréchal : aller vivre au Sénégal ; KAOLACK & SÉBIKHOTANE, puis revenir en France !

Archive pour novembre 2005

10 et 11è jour : beau temps sur la lune

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jeudi 24 novembre 2005 Posté à 12 h 33 min

Arrivée à Nouakchott – lune.

Pas de nouvelles de la 10è journée, leur mobile ne passait pas ; et pour cause, le camion a dû faire une excursion dans l’espace (!) car, depuis l’entrée en Mauritanie, les décors me sont décrits comme « lunaires » et « paradisiaques », la température de 35°,… le camion n’a pas fait de commentaire…
Un gendarme a été pris en auto-stop et s’est révélé être une connaissance lointaine… Plus d’informations au prochain épisode.
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;-). Les nouvelles complètes, depuis Dakar ! ! !
😉
10e jour, on commence à « poisser »… on se passe très bien de radio, on s’est très bien habitués à nos couchettes exigües.
Au réveil, on découvre l’Océan à 100 m. Un pêcheur vient nous parler, en arabe évidemment ! Le ciel est gris, le paysage plat.
Lemsid, impression : il n’y avait rien, ils ont construit 10 ou 20 maisons, une mosquée, une station d’essence,… et voilà que le nom apparaît sur certaines cartes :). Pareil à Boujdour.
2e contrôle avec la fiche, 3e contrôle, un autre stoppeur. Halte thé et gasoil. A tout hasard, et pour marcher un peu (on manque vraiment d’exercice), on part direction l’Océan à travers une zone infectée de détritus… Là, surprise grandiose, « Loubir », un village de pêcheurs blotti dans une crique au bas de la falaise, invisible, perdu. On reste ébahis !
***
…..
Outre les détritus regrettables, le sol est jonché de fossiles et de fleurs jaunes ou mauves qui poussent sur du bois que l’on croyait mort ! Retour à la station, restaurant très grand. On nous interpelle, on nous sourit, on répond… TVB. 😉
Ensuite, le paysage se diversifie, la route slalome entre des ilôts survivants du plateau tabulaire, la roche est rose et le soleil se met de la partie, égayant des tapis de fleurs mauves. On sourit devant l’abus de panneaux « virage dangereux », « descente », etc.
Echtoucan: encore un village neuf, vide, fantôme. Est-ce cela le plan d’occupation du Sahara Occidental suite à la Marche Verte ?
N Tizit, « village de pêcheurs fait de bric et de broc » dit notre guide… Surprise, on voit des centaines, plus d’un millier de petites barques bleues, identiques. On comprend que le plateau offre 2 points de descente des barques sur la plage, on y va.

……
Mais on ne comprend pas que plus de la moitié de ces barques soient volontairement coupées en 2 pour les rendre inutilisables 🙁 …
Spectacle ahurissant, désolant, mais ô combien esthétique !
Un chauffeur de taxi nous explique les quotas de pêche… Il n’y avait pas d’autre solution ?
Au km 40, on prend la bifurcation vers Dakhla pour voir le coucher du soleil sur la presqu’île, annoncé comme magnifique. Contrôle avec la 4e fiche : il va falloir en refaire ! Le paysage est étonnant mais ne nous permet pas les jolies photos espérées.
El Argoub, 2 maisons et un contrôle ! La route est barrée par une simple ficelle 😀 ! Vous ne nous croyez pas ? On fait une halte pour boire un verre de ce précieux Bordeaux; dans 48 h, on devra s’en séparer : l’entrée d’alcool est très sévèrement réprimée en République Islamique de Mauritanie!
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A la halte suivante, on constate qu’on a oublié le bouchon du réservoir de V.II… On doit donc s’en fabriquer un de fortune et on en profite pour vérifier les niveaux d’eau et d’huile (on bénit les ingénieurs de chez Renault 🙁 ).
A La Banda, 3e halte et contrôle très sympathique aves 3 gendarmes qui nous offrent le thé ! On s’offre un tajine poisson, simple et succulent, dans le restau de la station. On reprend la route, on a pris + d’un jour d’avance sur le road-book.
On peine un peu pour trouver un coin pour la nuit: il faut être loin de la route et surtout éviter de s’ensabler. Le ciel est superbement étoilé, Gilles voit une première étoile filante. Le positionnement est très différent de chez nous tant nous sommes loin de notre 45e parallèle.
On est dans le Golfe Cinta, à Aïn Bida.
*
11e jour.
Le ciel étoilé laisse place à un brouillard assez dense. On découvre qu’on est dans une zone toute plate… De minuscules fleurs blanches poussent dans le sable. On vérifie les niveaux d’huile et d’eau, et on enterre nos 2 bouteilles entamées, dans un trou entouré de pierres blanches.
*****
Qui les déterrera ? Quand ?
Hier, à plusieurs reprises, on nous a demandé si on avait qqe chose à vendre ! Radio-cassette, téléphone, pneus, vêtements ?… Non, rien !
Dans les sebkhas, zones dépressionnaires, creuses et salées, on est étonnés par la végétation « luxuriante » et variée : plantes grasses, herbe rase ainsi que quelques flaques d’eau, témoins du récent hivernage. La gamme des verts est complète. La zone est beaucoup plus herbeuse qu’avant. Dans ce paysage plat, un rien attire l’oeil : cailloux, arbuste, oiseau. Je repère des bergeronnettes et aussi un type d’oiseau roux au ventre blanc crème avec la pointe des ailes noire (???). Au loin surgissent des murs blancs et roses… Rien sur la route. Soudain un « centre » d’on ne sait quoi, puis une station service-restau-épicerie-mosquée!
Et puis la lune !
Que vous dire de plus ???
***
La lune, certains sont prêts à payer des fortunes pour y aller, nous on y est !!! Zone de rochers étranges, végétation mystérieuse, cairns insolites, chameaux, dunes blanches aux formes parfaites, et le silence total.
La lune pour nous deux !
Et puis au bout de 4576 km, nous voilà à la sortie du Maroc… Formalités qui durent 2 heures (seulement), la Douane Marocaine a à peu près une allure de poste de douane… mais après un no man’s land de 2 km non goudronné où l’on suit très attentivement le croquis qu’on nous a fait, on arrive à la douane Mauritanienne… Elle est à l’image du Consulat à Paris… Deux cabanes faites de bric et de broc, 2 paillasses, un vague mobilier hors d’âge et des gars sympas.
On rejoint le tout nouveau « goudron » qui relie Nouadhibou à Nouakchott depuis cet été. Immédiatement des abris, tentes et cabanes se sont installés tout au long. Cap plein est pour l’instant, en longeant les rails du train minéralier le + long du monde, vous savez, un des 2 ou 3 sujets que les journalistes connaissent sur la Mauritanie ! 🙁 Si vous en connaissez, dites-leur qu’il y a autre chose ! Puis sud-est. Il n’y a rien sur nos cartes, RIEN, il fait maintenant de + en + chaud, 30 degrés selon nos estimations. Le phénomène des mirages est très présent et nous amuse. Des dunes flottent dans l’air (rappel : on a enterré nos bouteilles !).
Il y a maintenant moins de tentes, mais plus de chameaux. On s’arrête dans un de ces campements à la vue d’une pancarte « Mataâm ». On est à Ouad Chibkâ, chez Mohammed ould Md Saleh. Il y a une tente hangar pour l’attente, on y sèche aussi la viande de mouton. Dehors un petit panneau solaire recharge une batterie. Deux petites cases rondes peintes en blanc, couvertes de paille et décorées, servent de salle à manger et de chambre à coucher pour 2 ou 3 personnes. Deux autres cases sont en construction, l’équipement est rudimentaire,… c’est à dire parfait ! 🙂 Sur les coussins, on savoure le thé préparé par Sidi Ahmed ould Bâ. Puis le repas. Cette pause de 3 heures nous a fait le plus grand bien et nous félicitons le patron pour son travail. Nous lui ferons d’ailleurs toute la publicité possible !
On cherche de belles dunes en prévision du coucher de soleil, mais un nuage malicieux nous agace… On repart, et c’est finalement un troupeau de chèvres, les bergers et un charretier qui poseront devant nos objectifs.
***

On met le contenu du 1er jerrican dans le réservoir; il y a bien des vendeurs de gasoil dans des fûts, mais on évite !!!
A un contrôle (on n’a pas réussi à les compter), on nous demande si on peut ramener un gendarme à NKC. On accepte. Au cours des conversations, je raconte notre jumelage Savigny – Boutilimitt, et la journée mémorable de 1996 où j’ai piloté la délégation officielle à Paris… Brahim ould Md m’écoute très attentivement, puis me demande si je connais les noms des gens que j’ai pilotés ? Je cite le Maire, son adjoint Md o/ Haoueiya,… il m’annonce que c’est son beau-frère !!!……..
Il n’est pas plus étonné que ça de cet étrange hasard. Je me fais confirmer en lui montrant une photo : pas de doute, c’est lui.
A l’approche de NKC, on récupère le réseau téléphonique. Je peux donc enfin donner des nouvelles. On laisse Brahim à NKC après avoir changé dirhams contre ouguiyas, acheté un peu à manger et à boire, ensuite on part chercher un coin pour dormir…
Triple contrôle à l’entrée de la ville, triple contrôle à la sortie. On nous demande l’assurance…. On jure qu’elle nous attend à Boutilimitt…
On trouve une place, on quitte à peine la route… et on s’ensable 🙁 !
Il est minuit et demi, on verra demain ………

Publié dans L'ACTUALITÉ DU JOUR